« Invasion », de Hugo Santiago

« Dans une Buenos-Aires fantastique, où règne la violence, un poème plastique d’une rare beauté » — Le Monde

Invasion est la légende d’une ville, imaginaire ou réelle, assiégée par de puissants ennemis et défendue par une poignée d’hommes, qui peut-être ne sont pas des héros. Ils lutteront jusqu’à la fin, sans soupçonner que leur combat est infini.

A sa sortie en 1969, Invasion faisait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes. Succès critique international.
Mais le film semblait disparu depuis 1978, lorsque la dictature argentine détruisit plusieurs négatifs originaux. Heureusement, en 1999, son réalisateur Hugo Santiago reconstituait ce chef d’œuvre du cinéma argentin, drame policier fantastique co-signé par les écrivains Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares.

« Deux expériences de caractère analogue, éloignées dans le temps, se rejoignent maintenant dans ma mémoire. La plus ancienne m’accompagne depuis 1923 ; je veux parler du soir où je tins entre mes mains le premier exemplaire de mon premier livre. L’autre, la plus récente, est celle de l’émotion que j’ai éprouvée à voir sur l’écran le film Invasion. Un livre imprimé ne diffère guère d’un manuscrit ; un film, c’est la projection visible, détaillée, écoutée, enrichie et magique, de quelque chose de rêvé, à peine entrevu. Puisque je suis l’un des auteurs, je ne dois point me permettre d’en faire l’éloge. Je tiens pourtant à consigner ici qu’Invasion est un film qui ne ressemble à aucun autre et pourrait bien être le premier exemple d’un nouveau genre fantastique. »
— Jorge Luis Borges (lettre aux journaux), Buenos Aires, 28 avril 1969

« Il faut en cela rendre hommage à Borges : dans le travail, son seul orgueil est celui de l’œuvre achevée, avec un souci absolu de perfection. Et il exige que, quand il a une idée nouvelle, on la lui critique et on le critique, comme pour « l’éprouver ». (…) C’est vrai, je l’admets, je ne vais pas faire l’idiot : il est évident que la matière du film se voulait « polysémique ». Dans ce travail postérieur, nous nous sommes attachés à rendre cohérents les différents niveaux du film. Je savais bien qu’il fallait que les personnages soient issus de certaines classes, que ce film ne pouvait pas éviter d’être aussi un film sur Buenos Aires, sur différentes couches sociales de Buenos Aires. Donc j’essayais de fouiller minutieusement la nature de ces personnages qui ne sont pas du tout psychologiques (ils sont plutôt des « comportements », des comportements en face de la mort), et il fallait donc les placer dans des contextes précis ; quelques-uns sont des petits notables, des gens très particuliers, d’autres d’extraction bien plus marginale… L’insertion socio-économique des personnages devait être très cohérente. À la sortie, une troisième lecture a été faite d’ordre plus directement politique, et encore une autre, davantage «politique de conjoncture», qui prévoit les années terribles que nous sommes en train de vivre en  Amérique  Latine. Et puis il y a cinq, dix lectures, et puis il y a une lecture spécifiquement cinématographique qui est celle que j’entends privilégier, car elle contient en fait toutes les autres. »
— Entretien avec Hugo Santiago (1974)


Bonne projection!
Nicolas

Pour aller plus loin :
Site internet d’ Invasion : http://www.objectif-cinema.com/invasion/invasion.htm
La résurrection de l’«Invasion» de Borges : https://next.liberation.fr/culture/2001/10/26/la-resurrection-de-l-invasion-de-borges_381887
Entrevue avec Hugo Santiago : https://www.youtube.com/watch?v=JgSK1kX_ZmU
Article sur Revista Film : https://www.revistafilm.com/invasion-1969/

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